Patrick Lang
4, rue Monseigneur-Barth
67530 – Boersch
Tél. + 33 (0)3 88 95 88 08
Portable 06 86 70 58 99
www.patrick-lang-sculpteur.com


École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg
— atelier Cacheux

École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris
— atelier Corbin et Cardot

Prix Bréauté en 1986 — Institut de France

Prix Andréi-Graec en 1999 — Fondation Taylor

L E M O N D E D E P A T R I C K L A N G
Texte de Liliane Ravera

La vie est donc si paisible:
Une table ourlée d’un dîneur, une plage solaire à marée basse, un nourrisson téteur du sein nourricier, une enfant au sommeil bordé de jouets familiers, un nu sage de fillette à la baignoire, une table jaune à la lisière d’un été végétal, une table rouge fendant la chaleur, une table écarlate dans le soir d’une maison, des jouets abandonnés dans un parc habité, une enfant parée d’une serviette japonaise ou sioux près d’une piscine grise, un bouquet de tournesols rouges, une broderie de fleurs vives sur le soleil d’un champ.
Tels sont les éléments personnels d’un inventaire tranquille : selon les apparences, ne passe ici que le temps domestique des affaires ordinaires.
Œil lourd du spectateur mondain, avide d’images spectaculaires, tu peux te fermer ; rien d’aguichant pour qui réclame cris et saignements en deux dimensions.
En un sens, ici, la nature est morte, l’existence du sujet se repose, les orages du vivre hors d’atteinte de la toile. On entre dans le règne jaune et rouge de l’immobilité conquise sur une réalité qui se retire et s’abstrait, au profit de l’ardeur silencieuse d’une couleur dominante, maîtresse exigeante. Alors s’étend, mais pas à perte de vue, l’espace inventé par le peintre, à certaines conditions.
Car décidément, c’est la proue d’une couleur envahissante qui se fraye un chemin de lumière à chaque tableau recommencé : tables, champs et plages s’avancent non tant dans la perspective, qui serait reconduite selon les règles de l’art, qu’en perspective d’une conquête dont les limites sont encore visibles, horizon humain ou paysage refoulé qui bornent l’étendue colorée et s’imposent malgré tout. La couleur expérimentée en nappe lisse ou moire mouchetée, sans violence, menace l’aire de la perspective, accule les motifs traditionnels, hommes ou paysages, qui résistent au bord extrême, plus visibles dans cet entêtement.
Il en résulte pour le regard quêteur, une sereine inquiétude, comme si la perfection unie, vide était une tentation avec laquelle lutter sur l’arène de la toile peuplée par avance de fantômes historiques. En marche une couleur, en marge le monde, non évincé mais réduit aux justes proportions d’un interlocuteur parmi tant d’autres pour le peintre en action.
Il suffit que les gens, les lieux et les choses qui sont les nôtres, soient à leur place ailleurs, qu’ils nous y occupent et submergent. Sur la toile, la main et l’âme alliées du peintre enfin solitaire, prennent une revanche plastique, en assignant le peuple de notre existence à la résidence stricte de silhouettes parmi d’autres.
Il m’avait semblé, au premier seuil de ma contemplation, ne trouver que tranquillité dans la peinture de Patrick Lang ; maintenant, parmi les figures de ses songes maîtrisés, je devise troublée car la vie est en question au miroir de ses couleurs et de ses traits.
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